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Le SAV, porte d’entrée pour Hazemag sur le marché français

Du concasseur à l’installation complète

La société allemande Hazemag, connue pour la qualité de ses concasseurs et de ses broyeurs à percussion, a la volonté de reprendre pied sur le marché français. Elle a renforcé son équipe sur le territoire national, rencontré les utilisateurs de ses machines qu’ils soient carriers, cimentiers ou producteurs de chaux, amélioré la disponibilité de ses pièces, et dynamisé son service après-vente. Les efforts commencent à payer avec la concrétisation de nouveaux projets.

Réinvestir dans le personnel pour améliorer le SAV

« On est parti de l’existant – le parc machine en service – pour aider la clientèle à trouver de la disponibilité en matière de pièces, car certaines peuvent être difficiles à trouver », précise Marcus Heinrich. « Puis, on a répondu aux problèmes de logistique, et on a identifié les pièces manquantes, et enfin on s’est attaché à développer le SAV. Dans cette démarche de reconquête de parts de marché, il été important de réinvestir dans le personnel pour être capable de répondre aux demandes de nos clients. »

Certes, « le chiffre d’affaires réalisé en France n’est pas encore significatif, précise le dirigeant, car il est lié à l’histoire de la marque et de sa séparation avec ThyssenKrupp en 1988. Il subsiste encore une dualité dans l’esprit de nos clients entre notre nos deux sociétés2. Mais le marché français ne peut que progresser et l’activité liée aux services pourrait représenter jusqu’à la moitié du chiffre d’affaires de notre secteur. Nous le ressentons quand les clients qui viennent à l’usine voient nos ateliers et s’intéressent au travail qui y est fait. »

 

Dülmen, cœur de l’entreprise

Hazemag surveille le marché des pièces et du SAV sur ses différents marchés depuis son usine de Dülmen, en Allemagne, dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à une heure de route au nord-est de Düsseldorf. C’est aussi depuis cette usine (30 000 m2) que les projets d’installation sont élaborés, et c’est là aussi que les devis sont établis.

Il y a plusieurs bureaux d’études à l’usine, chacun ayant son domaine d’intervention : l’hydraulique, l’électricité, les installations de traitement, les installations de recyclage, les machines produites à Dülmen, etc.

Dülmen est le site historique de la société, avant qu’elle ne devienne Hazemag, telle que l’entreprise est connue aujourd’hui. L’implantation d’une industrie sur ce site remonte à 1842 lorsque le prince Rudolph fit construire une fonderie (EPR pour Eisenhütte Prince Rudolph) sur des terrains appartenant à la famille royale. Elle a servi à équiper les mines de la Ruhr durant un siècle et demi. A proximité de ces bâtiments historiques se trouvent les ateliers (10 000 m2) avec un hall d’assemblage et un autre destiné aux essais. Le plus intéressant est l’atelier de fabrication des rotors que le constructeur a gardé car il s’agit « du cœur des machines », explique-t-on à l’usine. C’est aussi dans ces locaux que sont montées les armoires de commande des appareils de traitement Hazemag & EPR. On estime à l’usine qu’en matière d’automatisme, le constructeur a un rôle à jouer dans ce domaine pour être plus compétitif.

La particularité de l’usine est d’héberger un laboratoire complet avec une station d’essai qui travaille en partenariat avec des universités allemandes sur l’analyse chimique des matériaux à traiter afin d’en connaître la teneur en éléments abrasifs. « Chaque analyse permet de garantir une production avec un fuseau pour que l’exploitant qui l’a demandée soit capable de réaliser sa production normée de béton », explique-t-on. Ce laboratoire est aussi une station expérimentale avec un traitement par plusieurs machines, en concassage, broyage et criblage. C’est un axe de développement sur lequel s’appuie Hazemag, notamment dans le traitement des calcaires. Ces tests sont aussi réalisés pour déterminer la puissance nécessaire au broyage, « car on voit souvent des moteurs d’une puissance trop importante », décrit l’ingénieur responsable de la station. Les tests servent à donner une indication en kW/tonne assez précise pour que le moteur tourne à 70 % de sa puissance nominale.

Dülmen est aussi le lieu où l’on retrouve le plus de Français car Hazemag a étoffé sa direction de cadres intervenant dans différents secteurs géographiques. Outre Olivier Jeanneaux, Armand Ris et Michel Lang, on trouve Philippe Bonfils, responsable des ventes pour l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, Morel Nkoundjo, responsable des ventes pour l’Afrique centrale et l’Afrique de l’ouest, et Brice Heissler, responsable de projets pour le groupe.

 

Sinoma, l’actionnaire majoritaire chinois

Hazemag est une entreprise en croissance, comme le montre l’évolution de son chiffre d’affaires depuis 2016 : il est passé de 110 M€ à 140 M€ en 2019, et devrait atteindre 200 M€ en 2021. C’est l’objectif à atteindre pour Marcus Heinrich. La progression se fera sur les marchés européen, chinois et plus généralement asiatiques, que ce soit en carrière et en cimenterie, avec ses produits phares, les percuteurs.

Qu’en est-il des marchés où l’entreprise est présente ? « En Afrique du Sud, le marché minier est demandeur de matériels et le SAV sera augmenté. Nous avons une unité de production dans le pays mais les machines n’en sortent pas », décrit le p-dg. Aux Etats-Unis, « le marché est « calme mais avec un SAV assez fort, représentant 50 % de l’activité », poursuit-il. Hazemag est aussi présente en Amérique du Sud, au Canada, en Inde, en Chine et en Australie. « En France, on espère une bonne surprise avec une augmentation du nombre de machines mises en service, ainsi qu’une progression de l’activité services et de celle des pièces. »

D’autres marchés sont en phase de développement, comme la Russie avec ses mines, l’Afrique du nord et plus particulièrement le Maroc avec son marché des phosphates

« Notre actionnaire chinois Sinoma nous permet d’avoir accès aux marchés d’Etat de son pays. Grâce à lui, nous avons pu travailler avec des pays où nous ne serions pas allés seuls, comme le Nicaragua et le Pakistan où nous avons mis en service des installations de carrière complètes, explique Marcus Heinrich. L’expérience s’est représentée en Indonésie où Hazemag a mis en service une installation complète de lavage de charbon représentant un investissement de 10 M€. C’est d’ailleurs l’une des plus importantes du pays. Elle a été conçue à Dülmen avec l’aide de Sinoma pour faciliter l’installation de la base vie. Cette installation a une capacité de 10 Mt/an, et 500 t/h en trois postes.

Le fait que Sinoma3 soit actionnaire majoritaire d’Hazemag n’oblige pas pour autant de travailler avec lui, explique le p-dg : « A travers sa prise de participation au capital d’Hazemag, la société Sinoma a cherché à vendre ses installations tout en demandant un prix et un nom pour être plus présente dans le secteur des carrières et celui des mines, là où elle n’intervenait pas auparavant. » En Indonésie, Sinoma a pu diversifier ses investissements dans le secteur de l’industrie minérale en collaborant avec une filiale du constructeur allemand, Allmineral, spécialisée en séparation densimétrique par voie hydraulique.

 

Garder le label made in Germany

Doit-on craindre un transfert de technologie vers cet actionnaire majoritaire ? « Non, répond le dirigeant, il n’y en a pas eu, et il n’a pas la volonté délocaliser la production en Chine. Sinoma voulait une marque allemande avec une bonne image en termes de qualité en Europe, et capable d’intervenir en cimenterie », poursuit-il. CNBM (China National Building Material), la maison-mère de Sinoma, a même « proposé de financer le développement d’un produit », ajoute-t-il. Ce sera peut-être le cas un jour.

Dans l’immédiat, les axes de développement d’Hazemag sont que quatre ordres :

- privilégier le procédé de traitement dans l’industrie minérale et plus particulièrement en carrière (matériaux tendres à mi-durs), en mine (fer, charbon, tungstène, phosphate, manganèse…) et en cimenterie avec des projets de 2 000 à 3 000 t/h ;

- proposer la séparation densimétrique avec la marque Allmineral ;

- être présent dans la mine souterraine où Hazemag intervient avec des machines de la gamme EPR (mini-chargeuses souterraines, mini-jumbos, tambours de frappe, etc.) ;

- renforcer les services et le SAV.

 

En France, le marché bouge

En France, de nouveaux projets sont en cours pour le constructeur. Au premier trimestre, Olivier Jeanneaux en recensait une dizaine, allant du replacement en lieu et place d’un concasseur à sa rénovation complète. Cette dernière est une activité à part entière à l’usine de Dülmen, avec des machines rachetées aux exploitants pour être rénovées et revendues. C’est aussi une offre que le responsable commercial devrait développer en France.

Parmi les projets réalisés depuis l’arrivée d’Olivier Jeanneaux figure la modification du poste primaire de la carrière Marguet, à Vuillecin (25), et la commande d’un poste de concassage pour l’installation SMBP de Viabon (28), dans la seconde carrière qui est en cours d’aménagement. Patience, donc. On entendra de nouveau parler de Hazemag dans les mois à venir.

 

 


1. Il s’agit de concasseurs à percussion à rotor unique pour postes primaire, secondaire et aussi tertiaire avec une piste de broyage, de concasseur à double rotor, de concasseur et de broyeurs à marteaux, de sizers, de concasseurs et de broyeurs à cylindres, de concasseurs à tambours de frappe.

2. La confusion patronymique entre la société Hazemag & EPR et ThyssenKrupp Industrial Solutions est liée à l’histoire. L’entité française de ThyssenKrupp Industrial Solutions a été une filiale de Hazemag (appelée Construction Mécanique Hazemag SARL), qui a été vendue en 1988 à O&K avant d’être reprise par Hoesch, puis enfin cédée à Krupp. Les deux sociétés n’ont désormais plus aucun lien.

3. Sinoma détient 60 % de Hazemag (depuis 2015), l’autre actionnaire étant le groupe allemand Schmidt Kranz, à 40%. Sinoma est l’un des plus gros producteurs de ciment de Chine avec une production estimée à 500 Mt/an. Il a fusionné en 2018 avec un autre cimentier de poids, China national building matériel (CNBM), dont il est devenu une filiale.


Hazemag & EPR en quelques dates

- 1842. Création à Dülmen de la fonderie Eisenhütte Prinz Rudolph

- 1930. La fonderie se spécialise dans la fabrication de machines de traitement du charbon.

- 1946. Le Dr Erhard Andreas, fondateur de la société Hazemag, dépose un brevet pour un concasseur à percussion qu’il a mis au point afin d’obtenir un débit important et une forte réduction. L’appareil sert notamment à recycler les matériaux provenant de la destruction des habitations des villes allemandes durant la Second Guerre mondiale. C’est à cette époque qu’est créée Hazemag.

- 1974. Implantation des filiales Hazemag en France, en Espagne, au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, en Argentine et au Brésil. Hazemag a déjà délivré des contrats de fabrication sous licence dans plusieurs pays pour répondre à la demande du marché mondial. Plus de 1 000 appareils Hazemag ont été fabriqués sous licence en Angleterre, en Inde, au Japon, en Australie et en Afrique du Sud.

- 1988. Rachat de la société Hazemag Münster par Salzgitter Maschinenbau GmbH, transfert du siège et des ateliers de fabrication à Dülmen dans les locaux de la société EPR (technique minière). Hazemag et EPR fusionnent.

- 1999. L’ensemble de la plateforme de Dülmen, à savoir Hazemag & EPR, est racheté par le groupe Schmidt, Kranz & Co, puis converti au statut de GmbH.

- 2002. Création de filiales en Grande-Bretagne, et en France (Hazemag France).

- 2008. Création de la filiale IMS en Afrique du Sud.

- 2015. Le cimentier chinois Sinoma rachète 40 % des parts de Hazemag au groupe Schmidt Kranz.


Des chiffres pour se repérer chez Hazemag

- 3 412 installations dans le monde

- 450 salariés dans le monde dont 235 à Dülmen, au siège en Allemagne

- 11 filiales

- 140 M€ de chiffre d’affaires en 2018

- Usines de fabrication en Allemagne, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud

- Actionnaires : Sinoma International Engineering Co, Ltd (60 %) depuis 2015, et Schmidt, Kranz GmbH & Co KG (40 %) depuis 1999.

- Allmineral est la filiale procédé (classification hydraulique) avec ses séparateurs à lit fluidisé, et ses lavoirs à secousses latérales.